Laboratoire d'audiologie RENARD
 
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le bruit et ses effets
Près de 7 % des salariés sont exposés à des bruits nocifs.
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Le son est une vibration de l’air qui se caractérise par trois éléments :
• sa fréquence, exprimée en hertz (Hz) correspond au nombre de battements par seconde
et indique si le son est grave ou aigu
• son intensité, exprimée en décibels (dB) correspond à l’amplitude du niveau de pression acoustique et indique si le son est faible, moyen ou fort
• sa durée correspond au temps que dure le son, elle se caractérise aussi par sa stabilité ou sa variabilité et par un éventuel caractère impulsif.


Fréquences, infrasons, ultrasons


L’oreille humaine est capable d’entendre une gamme de fréquences très étendue, du très grave (environ 20 Hz) au très aigu (environ 20000 Hz).

Les fréquences en deçà appelées infrasons et celles au delà appelées ultrasons sont perçues par certains animaux (chiens, chauve-souris, éléphants, baleines, dauphins…).

Intensité


Pour décrire l’intensité d’un son, le niveau s’exprime en décibels et utilise une échelle logarithmique.

Le doublement de sources sonores de même intensité correspond ainsi à une augmentation de 3dB. Par exemple, l’addition de deux sons de 60 dB donne une intensité de 63 dB

Une variation de 10 dB correspond à la multiplication par 10 d’une même source sonore.
Pour exemple, 60 dB X 10 : 70 dB

L’intensité du son décroît très vite avec l’éloignement. A chaque doublement de distance, l’intensité baisse de 6 dB. Par exemple, un niveau sonore mesuré à 90 dB à un mètre de distance d’une source sonore descend à 84 dB à 2 mètres.

Dynamique auditive


Le rapport entre la pression acoustique maximale que notre système auditif peut supporter sans douleur et la pression de référence qui représente le seuil d’audition (la plus petite intensité que nous pouvons entendre pour un signal donné), appelé dynamique auditive, est considérable : de l’ordre d’un million.

Bruit


"Ensemble de sons sans harmonie" (Petit Larousse illustré)
"Sensation auditive produite par des vibrations irrégulières" (Petit Robert)
Autrement dit, on appelle « bruit » toute sensation auditive désagréable ou gênante.
Le bruit est d’autant plus gênant qu’il est intense, aigu, long et impulsif.

Dose de bruit


La durée d’un son est un élément déterminant pour sa perception et la gêne éventuelle qu’il provoque, d’autant que son intensité peut fluctuer dans le temps.

Une seule mesure à un instant donné ne suffit donc pas pour évaluer le niveau maximum et le niveau moyen d’un bruit.

Le LEQ (Level Equivalent) quantifie la dose de bruit reçue pendant un temps donné.

Pour un même type de bruit, la dose de bruit induite va donc dépendre de l’intensité du bruit et de la durée d’exposition.

 

 
Niveau
sonore en dB(A)
80 83 86 89 92 95 98 101
Durée d'exposition
maximale
8 h 4 h 2 h 1 h 30 mn 15 mn 7 mn 30 3 mn 45
 
dB(A)
Correspond de près à la correction de l'oreille humaine, moins sensible aux basses fréquences (graves) et plus sensible aux hautes fréquences (aigus).

dB(C)
Permet de prendre en compte les basses fréquences (graves) pour la valeur de crête.

VAI
Valeur d’exposition Inférieure déclenchant l’Action [Leq 80 dB(A), Lpc 135 dB(C)]. Ce seuil oblige uniquement l’employeur à déclencher les premières actions de prévention.

VAS
Valeur d’exposition Supérieure déclenchant l’Action [Leq 85 dB(A), Lpc 137 dB(C)]. Ce seuil déclenche des actions correctives (mise à disposition de moyens de protections aux employés, traitement acoustique des locaux, …).

VLE
Valeur Limite d’Exposition [LexA’ 87 dB(A), Lpc’ 140 dB(C)] Ce seuil prend en compte l’utilisation de protections auditives. Il ne doit en aucun cas être dépassé. Il représente un risque sanitaire pour les salariés.

Lex
Niveau d'exposition quotidienne au bruit (8 heures).

LAeq
Niveau de pression global d'un bruit continu qui aurait la même énergie que le bruit de la machine (qui varie en fonction du temps) pendant la durée de la mesure. Unité normalisée : dB(A).

Lpc
Niveau de pression crête (niveau de bruit maximal), maximum parmi les niveaux crête mesurés pendant la durée de mesure. Unité normalisée : dB (C).

EPI
Equipement de Protection Individuelle.

PICB
Protecteur Individuel Contre le Bruit.


Les effets du bruit

Dans les pays industrialisés, neuf personnes sur dix se disent incommodées par le bruit. Au classement des nuisances, le bruit est d’ailleurs placé en première position à égalité avec la pollution.
Dès que l’intensité sonore dépasse un certain seuil, le bruit devient nuisible.

Ses effets sur le système auditif sont très nombreux : baisse de l’audition, dégradation de la compréhension, apparition d’acouphènes...

Si l’exposition à des niveaux sonores excessifs se reproduit trop souvent ou se prolonge anormalement, ces troubles de l’audition deviennent permanents, car les cellules ciliées de l’oreille interne ont subi des lésions définitives.
Mais le bruit peut avoir d’autres conséquences sur notre santé physique ou psychologique...
Dans les zones urbaines bruyantes, la consommation de tranquillisants et d’antidépresseurs bat d’ailleurs tous les records !
ATTENTION ! Il n’y a pas d’accoutumance au bruit en terme de risques. Les personnes exposées fréquemment à des niveaux de bruit importants ne sont donc en aucune façon « immunisées ».

La surdité professionnelle



• 90 000 € pour une surdité professionnelle.

• 4ème cause des maladies professionnelles.



La surdité professionnelle est une surdité de l’oreille interne. Elle est irréversible et évolue par paliers. Elle commence par une baisse auditive de 30 dB à la fréquence 4000 Hz, puis la perte auditive s’étend vers la fréquence 2000 Hz.

Lorsque cette perte atteint 30 dB pour cette fréquence, le sujet commence à remarquer ses difficultés auditives. Il a tendance à faire répéter.

Puis les fréquences de 1000 Hz à 8000 Hz sont atteintes, avec une perte dépassant les 30 dB. La gêne sociale devient alors plus importante.

Si rien n’est fait, toutes les fréquences sont atteintes. La surdité devient sévère puis profonde

.

ECHELLE DE BRUIT :

Les chiffres du bruit
Selon l’enquête SUMER 2003 menée par la Direction des relations du travail (DRT) et la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES), près de 7 % des salariés sont exposés à des bruits nocifs et 25 % à d'autres bruits, moins dangereux pour la santé, mais pas sans conséquences.

Des bruits nocifs surtout dans l’industrie.

18 % des salariés dans l'industrie et 12 % dans l'agriculture et la construction sont concernés. Les secteurs les plus touchés sont l'industrie du bois-papier, la métallurgie et la transformation des métaux, l'industrie des produits minéraux, l'industrie automobile et celle des équipements mécaniques, l'industrie textile et les industries agroalimentaires.
Ces bruits nocifs se rencontrent davantage dans les établissements de 200 à 500 salariés. Ils touchent plus les hommes que les femmes (10 % contre 2 %). Les salariés de production sont particulièrement concernés, ainsi que ceux qui exercent une fonction d'installation, entretien, réglage et réparation. Les intérimaires sont trois fois plus exposés que la moyenne (20,2 %). Les ouvriers de type industriel qualifiés (30 %) ou non (26 %) sont particulièrement touchés.


Deux salariés exposés sur trois disposent d’une protection auditive.

Alors qu'une protection efficace sauvegarde l'audition, 32 % des personnes exposées à des bruits nocifs n'ont pas de protection auditive à leur disposition.

Dans l'industrie, 77 % des salariés exposés disposent d'une protection auditive. Ils sont 71 % dans la construction et 67 % dans l'agriculture.

En revanche, dans le tertiaire, secteur moins touché par les bruits nocifs, plus de la moitié des salariés exposés ne sont pas protégés.


Les autres bruits dans tous les secteurs d’activité.


Un quart des salariés subissent d'autres bruits, que ce soient des bruits supérieurs à 85 dB(A), mais pendant une durée inférieure à 20 heures par semaine, ou des bruits simplement gênants.
Les secteurs exposés sont souvent les mêmes que pour les bruits nocifs. En revanche, certains secteurs du tertiaire sont aussi largement touchés par ces autres bruits : le secteur "commerce et réparation automobile" (47,8 %), les services opérationnels (incluant les entreprises d'intérim) et celui des transports.
Si les bruits nocifs touchent en premier lieu les salariés qui ont une fonction de production, les autres bruits concernent plutôt ceux qui ont une fonction d'installation, d'entretien, de réglage ou de réparation. Ces salariés sont souvent exposés à plus de 85 dB(A), mais moins longtemps.

L'exposition au bruit reste donc une contrainte forte pour certaines catégories de salariés, pour lesquels le risque de surdité professionnelle est loin d'être écarté.

Source : "L'exposition aux risques et aux pénibilités du travail de 1994 à 2003. Premiers résultats de l'enquête Sumer 2003". Premières synthèses, DARES, ministère de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, n° 52.1, décembre 2004, 8 pages.

En savoir plus : - Lire l’enquête SUMER

- Lire l'enquête du CNRS

Enquête nationale: le bruit au travail




Cette enquête met en lumière toutes les difficultés liées à une importante exposition sonore dans le milieu professionnel.

Comment les Français vivent-ils le bruit dans leur milieu professionnel ? Se sentent-ils écoutés ? Leur gêne est-elle prise en compte par l’employeur ?…
1613 individus âgés de 18 ans et plus ont ainsi été interrogés lors de l’enquête menée au niveau national par l’IPSOS entre le 30 novembre et le 16 décembre 2007.

Nous apprenons ainsi qu’un actif sur deux se dit gêné par le bruit au travail. Parmi eux, 2/3 seraient gênés fréquemment ou souvent. Les ouvriers travaillant dans l’industrie et la construction seraient les plus concernés.

Près de la moitié des actifs gênés par le bruit au travail considèrent que ces nuisances sonores ont une répercussion directe sur leur santé ou leur comportement :
  • Modification du comportement (énervement, agressivité…) 58%
  • Baisse de l’audition (sifflement, bourdonnement…) 36%
  • Santé en général (maux de tête, perte de sommeil, angoisses 29 %


Mais d’un secteur d’activité à un autre, l’impact du bruit au travail varie. Pour les travailleurs dans l’industrie et la construction, il s’agit surtout de répercussions sur l’audition. Pour les autres secteurs d’activité, le bruit agit principalement sur le comportement.

Quelles sont les réponses apportées à ces nuisances ?
Seuls 4 actifs sur 10 disent avoir à disposition des protections auditives.

Parmi eux, une très large part les utilise :
  • 43 % systématiquement
  • 39 % parfois

Quant au dépistage auditif, l’enquête nous apprend qu’il est loin d’être systématique en France : 43 % des actifs peuvent en bénéficier dans le cadre de leur visite médicale annuelle.
Le secteur le plus en retard serait le tertiaire (33 %), alors que dans l’industrie ou la construction 62 % des personnes concernées disent bénéficier de ces dépistages.

L’information sur le bruit au travail semble encore trop faible, si l’on considère que 41 % des actifs concernés se disent insuffisamment informés sur les conséquences sur la santé engendrées par ces nuisances.
Les secteurs se disant les mieux informés seraient l’industrie et la construction.

Quant aux réunions d’information et de sensibilisation sur le bruit au travail, seuls 24 % des actifs concernés auraient eu l’occasion d’y participer…

Pour consulter la totalité de l'enquête : http://www.audition-infos.org/jna/enquete.php