| Le choix d’une protection individuelle contre le bruit |
Le choix d’un équipement de Protection Individuelle contre le bruit doit être porté en prenant en compte de nombreux éléments, et notamment les conditions d’exposition au bruit, les besoins d’écoute, le niveau d’audition du sujet, l’atténuation acoustique et le confort physique des différents protecteurs antibruit.
Dans le cas où le port de protections individuelles contre le bruit doit être envisagé, il faut donc prendre en compte ces différents aspects avant de choisir et de proposer les matériels les mieux adaptés. Il faudra ensuite contrôler individuellement le port effectif des protecteurs ; dans le cas où un problème est rencontré avec une personne, il faut analyser précisément l’origine de celui-ci pour tenter de le résoudre.
Exposition au bruit et atténuation acoustique
Les caractéristiques acoustiques d’atténuation du bruit d’un équipement de protection individuelle constituent évidemment son caractère principal.
Ces dispositifs ont pour double mission :
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De protéger efficacement le sujet face aux bruits d’environnement. |
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De maintenir (voire de restaurer) une perception auditive suffisante pour assurer au sujet une bonne fonction d’alerte en lui permettant de percevoir, d’identifier et de localiser les éléments pertinents de son environnement sonore (qui peuvent être des bruits ou des signaux de parole).
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Ces deux contraintes doivent être parfaitement prises en compte pour le choix et l’adaptation des équipements de protection individuelle contre le bruit.
Ne pas remplir favorablement une de ces deux exigences (et donc ne pas protéger suffisamment ou trop diminuer la perception de sons importants à entendre) constitue une inadaptation du dispositif de protection contre le bruit.
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| Mesures et interprétations des valeurs d’atténuation acoustique |
| Les valeurs d’atténuation acoustique attribuées à un protecteur individuel contre le bruit sont définies selon une réglementation précise. Avant de pouvoir être mis sur le marché, un protecteur fait donc l’objet d’analyses et de mesures par des organismes officiels qui déterminent ces valeurs d’atténuation. Ces données permettent de choisir une atténuation adaptée à chaque situation. |
| Protecteurs antibruit passifs et actifs |
Les protecteurs antibruit passifs ne contiennent pas de dispositif électronique permettant une réduction automatique active de certains bruits. Ce sont entre autres la structure, la forme, les matériaux utilisés et le positionnement dans l’oreille qui déterminent l’atténuation acoustique. Afin d’adapter ces niveaux d’atténuation, des filtres acoustiques qui atténuent différemment les fréquences peuvent être placés dans ces protecteurs; on parle alors de protections antibruit passives sélectives.
Les protecteurs antibruit actifs comportent un dispositif électronique permettant une réduction automatique active de certains bruits. Ce type de protecteur présente un intérêt majeur dans certains environnements sonores en fonction de contraintes d’écoutes de certains signaux ou de parole. Ces protecteurs antibruit actifs sont également particulièrement indiqués pour des sujets porteurs de pertes auditives, même légères. |
| Existence d’une perte auditive |
Une perte auditive, même légère et spécifique sur une zone de fréquences, doit être prise en compte lors du choix d’une protection auditive : les niveaux d’affaiblissement du protecteur vont s’ajouter à la perte auditive pour chaque fréquence, ce qui doit être pris en compte pour évaluer la fonction d’alerte du sujet lorsqu’il sera équipé de sa protection.
L’effet de la perte auditive sur l’intelligibilité de la parole (particulièrement dans le bruit) doit être analysé: s’il existe des difficultés à discriminer certains signaux de parole, il faudra adapter un protecteur qui corrige ce problème, ou tout au moins un protecteur qui n’accentue pas ce trouble. La surveillance du port des protecteurs anti-bruit doit être particulièrement renforcée pour les sujets qui présente un déficit auditif, même léger. Une surveillance audiométrique stricte doit être mise en place ainsi que celle d’autres effets potentiels du bruit, notamment l’apparition ou la majoration d’acouphènes doivent être contrôlées. |
| Anatomie de l’oreille externe et port du protecteur antibruit |
Certains aspects anatomiques de l’oreille externe ont une influence majeure sur le confort physique lors du port de protecteurs contre le bruit, particulièrement au niveau du conduit auditif externe qui comporte une portion fibrocartilagineuse (partie externe) et une portion osseuse (partie interne) qui présentent des degrés de mobilité et d’élasticité très différentes.
Lors de la production de parole et lors de la mastication, des mouvements vont se produire, essentiellement dans la partie fibrocartilagineuse du conduit auditif externe. |
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Schéma de l’oreille et détails du conduit auditif externe |
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On retrouve de très grandes variations interindividuelles en ce qui concerne l’anatomie de l’oreille externe, notamment au niveau de la forme, des dimensions, de la texture et de l’élasticité du conduit auditif externe. Ces aspects jouent évidemment un rôle important en ce qui concerne le port de protecteurs individuels de type bouchons standards et embouts sur mesure, au niveau du confort physique et de la tenue du protecteur dans le conduit. Leur choix et leur adaptation devront donc bien prendre en compte ces différents paramètres individuels.
L’effet d’occlusion
L’effet d’occlusion résulte de la fermeture du conduit auditif externe, il se traduit par une résonance de sa propre voix et une perception excessive des bruits de mastication et des bruits de pas lors de la marche. Lorsque nous parlons, mangeons, marchons, … des vibrations se propagent en effet dans notre squelette. Certaines de ces vibrations « s’échappent » par l’ouverture du conduit auditif externe puisqu’il n’y a à ce niveau aucune résistance par rapport à celle du tympan. Les vibrations « sortent » donc du conduit auditif externe sans mobiliser le tympan, donc sans être transmises par la voie aérienne. Pour simplifier, on peut dire que si le conduit auditif est ouvert, nous n’entendons pas ces vibrations.
Si un corps étranger, par exemple un bouchon anti-bruit, ferme le conduit auditif, les vibrations présentes dans la cavité résiduelle (l’espace entre l’extrémité interne du bouchon et le tympan) vont faire vibrer le tympan (sa résistance est inférieure à celle du bouchon) et sont donc transmises par l’oreille moyenne. Cette majoration des fréquences graves (jusque 25 décibels) peut ainsi donner une sensation de résonance au porteur du bouchon antibruit.
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Représentation de la propagation des vibrations dans le conduit auditif
A gauche, oreille ouverte ; A droite, oreille occluse |
Le positionnement du protecteur dans l’oreille joue un rôle majeur au niveau de l’effet d’occlusion : plus l’insertion est courte, plus la portion fibrocartilagineuse du conduit est laissée libre, et donc plus elle génère de vibrations dans la cavité résiduelle. A l’inverse, une insertion profonde limite cet inconvénient. Pour les bouchons standards, la profondeur d’insertion dans le conduit doit donc être bien adaptée pour éviter la gêne liée à l’occlusion du conduit. En ce qui concerne les embouts sur mesure, la qualité de l’empreinte de l’oreille est fondamentale. Compte tenu des risques liés à l’injection d’un produit dans le conduit auditif, cette prise d’empreinte ne peut être réalisée que par un professionnel dûment formé et compétent.
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| Insertions différentes d’un protecteur dans le conduit auditif |
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